Chine

Chine-J'y suis arrivé !

  [...] Le lendemain au bord de la route : « Tu vois maintenant le pipeline ? Tu ne le quittes sous aucun prétexte, il te guidera en Chine. »
    Sur la route, c’est l’aventure la vraie, celle qui s’impose dans un environnement qui n’a plus rien de connu, où chaque moment est un engagement, où chaque jour est une surprise. Seul, isolé dans ce bout du monde où l’asphalte n’a pas encore remplacé la piste, pour lequel la carte est vide de toute trace et qui pourtant est bien réel. Étranger parmi les étrangers, j’évolue dans un mélange obligé de russes, afghans et chinois, pour un travail en commun : la construction du pipeline reliant la Chine au Kazakhstan. Sa mise en oeuvre est réalisable grâce à une ouverture du massif montagneux percée par des vents violents venus de Chine : la porte de Dzoungarie.

Première photo ! En fond le poste frontière chinois
 

Lire la suite de Chine-J'y suis arrivé !

Chine-Premier contact

 [...] A travers la cloison, me parviennent le bourdonnement de sourdes conversations, le tintement clair de couverts qui s’entrechoquent, une odeur aigre douce qui filtre sous la porte. Un réfectoire...
    Maintenant, certain d’être éveillé, j’ai faim. Le brouhaha et les effluves de déjeuner me dirigent vers la cantine. Je tourne la poignée, pousse la porte vitrée qui s’ouvre sur une multitude de baguettes fixées en l’air, certaines dans des bouches, d’autres emprisonnant des aliments. Au bout de ces baguettes, des hommes, des femmes, des enfants médusés, me regardent comme si j’étais l’unique survivant au crash de ma soucoupe volante. Habillé pour le départ, encore recouvert de boue de la veille, pas rasé, l’air hagard, je dois faire peur à voir.
 

Lire la suite de Chine-Premier contact

Chine-Tourfan

[...] je trouve facilement une chambre dans un dortoir de cinq lits pour deux dollars. La chambrée est une cave enterrée aux trois-quarts ; au plus haut sont percées deux minuscules fenêtres. C’est frais et les draps sont propres. Une douche salvatrice prise, je fais le tour de la ville comme à mon habitude et m'arrête pour dîner.

Soupe ouigour

Mon récit est disponible au :

Livre FNAC

amazon.fr

Lire la suite de Chine-Tourfan

Chine- Dunhuang et les grottes de Mogao

    [...] C'est à vingt-cinq kilomètres au sud de Dunhuang qu’est situé le site de Mogao renfermant peintures, manuscrits et statues bouddhiques comptant parmi les plus importants et les plus anciens au monde. Afin de bénéficier d’une protection, pour exprimer leur gratitude ou par dévotion, les voyageurs, pèlerins, caravaniers et marchands creusèrent et aménagèrent les grottes de Mogao.

    J’ai apporté mon foulard de reconnaissance.

 

Lire la suite de Chine- Dunhuang et les grottes de Mogao

Chine-Jiayuguan et la Grande Muraille

[...] Baigné dans la lumière du jour naissant le désert n’en finit pas de beauté, bordé au nord par les montagnes noires de Mazong et au sud par les monts Qilian aux sommets enneigés. Une piste ensablée coupe la plaine étranglée, la maigre végétation se fait une place entre les dunes de sable. Enfin, la Grande Muraille ! [...]

J’ai réalisé ce rêve fou de parvenir en moto à la Grande Muraille de Chine via la Route de la soie

* Petite mise au point grammaticale :... pour ceux qui s’interrogeraient sur mon emploi du terme « en moto ». Les prépositions à  et en sont toutes deux issues du latin in qui signifie  dans  et  sur. L’expression « en moto » (que je préfère, car « je fais corps » avec ma moto !) est donc correcte et confirmée par l’usage (Le Robert).

Mon récit est disponible au :

Livre FNAC

amazon.fr

Lire la suite de Chine-Jiayuguan et la Grande Muraille

Chine-Le monastère de Labrang

 [...] Le lama doit refermer le temple, j'apprends qu'il ne l'a ouvert que pour moi. C'est une situation étrange, comme l'évidence d'un passage attendu. Mon regard prudent reste interrogateur, le sien est paisible, un sourire se dessine sous sa mine faussement austère. Nous nous quittons d’une simple et franche poignée de main.

Xiahe la Tibetaine
 

Lire la suite de Chine-Le monastère de Labrang

Chine-Où la terre se mêle aux nuages

    [...] Le lendemain, dans les montagnes aux doux sommets tendus de velours vert, sur le plateau se fondant dans la brume, je joue avec des yacks familiers comme des buffles d’eau. Un vieux Tibétain, grand, maigre, à la peau brune parcheminée, nous aborde timidement. Annick se retourne vers moi en me disant : « Tu viens ? Il nous invite chez lui ! ». La maison construite de bois et de terre est basse. Au plafond, sont suspendues des outres en peau de chèvre contenant du beurre de yack ; sur un pan du mur, collées, sèchent des galettes de bouses. Quatre générations vivent dans cette ferme. Les enfants, portés par la curiosité, s’approchent. Leurs joues sont enflammées par de vilaines gerçures,

Lire la suite de Chine-Où la terre se mêle aux nuages

Chine-Aux portes du Tibet

Je suis fugacement tenté par l’idée qu’étant aux portes du Tibet, je pourrais y aller et retourner en France par l’Inde. Un voyage sur la terre de Bouddha, juste pour voir, non ? Non, pas cette fois-ci mais lors d’un pèlerinage, peut être… Le voyage a sa volonté que la raison ignore.

Le ciel laiteux s’obscurcit de gros nuages noirs poussés par un vent violent. L’orage s’annonce ; il éclate soudain et furieux.

De retour au monastère, j’assiste à un spectacle qui m’entraîne un peu plus loin dans cette dimension spirituelle de l’Asie. Installés sur la place du débat, sont réunis des ascètes de tous âges. Leurs coiffes jaunes comme autant de têtes de poussins se prosternent cérémonieusement. Le grand maître s’avance, s’assied, préside. Chacun va lui poser sa question pour parfaire une éducation complexe et enrichir sa méditation sur sa destinée, le temps, l’espace et le sens de sa vie. Je profite de ce calme et de ma solitude loin des pirates de mon temps. Je laisse errer à l’aventure mes pensées débridées, enfin libéré de ces autres qui voudraient m’empêcher de vivre ma vie.

Le jour s’achève, l’ombre s’avance sur la place, la paix de la nuit descend sur la terre.

Mon récit est disponible au :

Livre FNAC

amazon.fr

Mon récit est disponible au Chevalier du Drac Editions

 

Lire la suite de Chine-Aux portes du Tibet

Chine-De Labrang à Xian

    En périphérie de la métropole aux flambants gratte-ciel de verre, le monde paysan semble peu profiter de l’essor novateur de la mécanisation. Les fermes disséminées sur les berges du fleuve sont de pauvres huttes rondes couvertes de chaume aux étroites fenêtres. Des femmes s’affairent autour d’un foyer allumé en plein air, pilent des graminées dans un récipient de bois contenant la quantité nécessaire pour la consommation quotidienne. Des enfants à moitié nus retiennent des volailles, canards, et oies, sur les pentes boueuses des rives. Un portefaix courbé par le fardeau de son balancier s’annonce sur le sentier. Un agriculteur agrippé aux mancherons d’une charrue tiré par un bœuf scarifie le sol d’une petite parcelle de terre ocre. M’apercevant, l’homme crie à sa bête de somme, soulève le soc de l’araire et interrompt son sillon. Il répond à mon bras levé d’une paume de main hospitalière. [...]

Lire la suite de Chine-De Labrang à Xian

Chine-Xian, ville impériale !

    [...] Accompagné de Lhamo, cet homme à la stature imposante (il doit mesurer dans les un mètre quatre-vingt-dix) et au visage nimbé de sagesse semblant toujours un peu en méditation, je vais découvrir Xian à travers sa communauté tibétaine et plonger dans des pratiques où fusionnent la voie contemplative et les rites magiques.

   Nous nous comprenons plus par signes que par la parole mais cela nous est égal et nos quiproquos débouchent souvent sur de franches rigolades. Je ne choisis pas mes amis, ils viennent et vont, semblables à des notes sur la portée des rencontres. [...]

Lire la suite de Chine-Xian, ville impériale !

Chine-L'armée de terre de l'empereur Qin

Pouvoir, ô pouvoir, donne moi l’élixir de la vie éternelle !  Mon mausolée va-t-il me garantir de revenir du monde des ténèbres et protéger mon âme des esprits maléfiques ?

    Je demeure perplexe à la vue de grandioses nécropoles. Tant d’énergie, de ressources employées pour la construction de tombeaux de simples mortels élevés en divinités m’interroge sur la considération que ces faux dieux pouvaient avoir pour leurs sujets. La recherche de l’immortalité obsède les puissants. Dans le genre la nécropole de l’empereur Qin Shi Huangdi (ou Ts’in qui par dérivé donna son nom à la Chine) [...]

Mon récit est disponible au :

Livre FNAC

amazon.fr

Lire la suite de Chine-L'armée de terre de l'empereur Qin

Chine-Le 27 août 2005. Arrivée à Pékin.

    [...] et mes impressions « à chaud » à la découverte de Pékin, je n’ai pas résisté pas à conserver tel quels ces passages venus tout droit de mon journal de voyage :
    « Pékin (Beijing) capitale politique et administrative d’un pays d’un milliard trois cent millions d’êtres humains, n’en finit pas de cacher sa misère derrière ses buildings ultramodernes, ses hypermarchés et ses grands boulevards ceinturés de périphériques. Sous un ciel lourd, un air pollué, une brume omniprésente, cette ville immense, gigantesque, compte quinze millions d’habitants répartis sur une surface équivalente à la Belgique. Son centre-ville à lui seul est de deux cents kilomètres carrés !

Lire la suite de Chine-Le 27 août 2005. Arrivée à Pékin.

Chine-Et le peuple tibétain ?

    [...] Confusion facile, la porte Tian Anmen, passage vers la Cité interdite, arbore fièrement en son milieu le portrait de Mao Tsé-toung bordée de larges bandeaux rouges : " Vive la République Populaire de Chine " et " Vive l’amitié entre les peuples " – Ça vaut aussi pour le peuple tibétain ? –

Lire la suite de Chine-Et le peuple tibétain ?

Chine-La Citée Interdite

[...] C’est gigantesque : cent cinquante mille mètres carrés de constructions – huit cents palais entrecoupés d’immenses places –, réparties sur une superficie de plus de soixante-dix hectares ! La plus grande Cité impériale au monde, ceinturée de douves et d’enceintes était interdite à la population et quiconque était surpris à l’intérieur était passible de la peine de mort. Vivant en vase clos et réfugiés dans le sacralisé, les Fils du ciel, ayant perdu le sens des réalités, coupés du monde, ne quittaient leur palais qu’en cas d’extrême nécessité, laissant les décisions aux mains des eunuques. Cette vie de luxe conjuguée à l’incompétence à gouverner ne pouvait perdurer…

cite interdite

De monumentales portes s’ouvrent toujours plus en avant vers le Palais impérial. Les toits aux tuiles vernies reflètent la lumière du jour, de parfaites mosaïques décorent le haut des murs peints d’ocre, chaque détail attire l’attention.
Des lacs, des jardins parés d’arbres centenaires vénérés par les Chinois, sont aussi impressionnants de grandeur. Des fleurs de lotus égayent les cours d’eau. L’harmonie entre les espaces naturels et la mythologie renforce une ambiance de bien-être et de détente. Seule l’atmosphère polluée me rappelle le vingt et unième siècle. » [...]

Cite interdite

Mon récit est disponible au :

Livre FNAC

amazon.fr

 

Lire la suite de Chine-La Citée Interdite

Chine-La Grande Muraille de Huanghua

Grande Muraille de Huanghua

    [...] « Levant un droit de passage, le cerbère fait femme interdit l’abrupt sentier. Son acolyte menace, la hache levée bien haut ! Difficile d’accéder à la Grande Muraille de Huanghua sans payer dîme… Choisie pour être peu fréquenté et pour l’image classique de la "Grande Muraille" aux hauts et larges remparts de pierres taillées, ce tronçon situé à soixante kilomètres au nord de Pékin est tenu par des locaux qui ont bloqué les issues d’accès aux remparts mais délivrent une échelle en contrepartie de vingt RMB (deux euros cinquante).

Lire la suite de Chine-La Grande Muraille de Huanghua

Chine-De Pékin à Shanghaï

Je me range sur le bas-côté de la route. Je fais une pause, voilà plus de six heures que je roule sans interruption, juste le temps d’un ravitaillement en eau et en essence. Dans ma fatigue, je n’avais pas remarqué cet homme sorti du ruisseau putride. Il est grand, le pan de sa veste déchirée laisse apparaître des côtes faméliques, ses pieds sont nus et la fange recouvre ses jambes jusqu’en haut des cuisses, son visage est sec, labouré par les rides d’une vie nourrie d’illusions perdues – c’est tout au moins mon interprétation – et sa pomme d’Adam saillit de son cou lassé de s’incliner. Ses yeux sombres me regardent sans me voir, puis émergent du néant, m’aperçoivent sans surprise. L’homme me salue d’un sourire triste. Sur le flanc du ruisseau, je devine un trou aménagé en tanière ; sa couche, faite de bambou, est protégée par une toile en plastique, à l’écart d’un modeste foyer constitué de gros galets. Le vieillard hausse ses épaules. J’ouvre ma sacoche de réservoir un peu trop rapidement : l’homme, inquiet, fait un pas en arrière. J’use de lenteur pour le convaincre d’accepter le biscuit que je lui tends. Il le saisit prudemment mais l’avale sans le mâcher.

Lire la suite de Chine-De Pékin à Shanghaï

Chine-Shanghaï

Une ville au superlatif

    [...] Accueilli avec gentillesse et hospitalité : « Voilà le frigo, la douche, les toilettes, tu es chez toi ! », je reste plus d’une semaine à Shanghaï
     Le jour, j’organise mon retour, je lave mes vêtements, je range mon équipement, classe mes notes, en griffonne de nouvelles. Je flâne dans les quartiers traditionnels faits de maisons en bois, goûte à l’atmosphère populaire d’une ville humant des senteurs d’aventure à la Tintin sous fond de Lotus Bleu. [...]

    [...] Annick me raconte qu’elle a vu s’élever trois mille tours en huit ans et m’explique : « Tu vois, il y a encore quatre ans, je venais faire mon jogging dans les marécages du Pudong (1), et maintenant, regarde autour de nous : que du verre et du béton ! Difficile d’imaginer hein ? C’est la nouvelle Chine, c’est la nouvelle Shanghaï ! ».
     Je suis déconcerté. Effacée l’image romantique d’une ville au charme délicat, encensée des parfums de l’extrême Asie, recelant des mystères envoûtants, dissimulant des ruelles sombres aux ombres furtives, des fumeries d’opium obscures, avec, arrimés à son port, des bateaux aux cales chargées de trésors en partance vers des contrées lointaines… [...]
(1) Pudong , à l’est de Shanghaï, est un quartier d’affaires en plein essor économique

Shanghaï

    [...] Tout y est gigantesque, démesuré, hétéroclite. Le projet du gouvernement de créer de toutes pièces cette zone économique a engendré une architecture à l’urbanisme délirant où se distingue entre toutes la tour Jin Mao à l’intérieur digne d’un décor de Star Wars. Le Pudong, excroissance de Shanghaï, est un mutant rouge aux habits taillés dans la bannière étoilée.

Tour Jin Mao

     Avoir les plus grands ponts suspendus, le plus grand centre commercial d’Asie, ne lui suffit plus. L’alien poussé inéluctablement à grossir éructe de ses profondeurs l’une des prochaines plus grandes tours du monde : le Shanghaï World Financial Center, qui culminera à quatre cent quatre-vingt douze mètres ! Il engendrera ensuite des tours jumelles en forme d’ADN (réalisées par nos ingénieurs du viaduc de Millau) qui atteindront cinq cent quatorze mètres et devraient coûter cinq cent vingt millions d’euros soit plus d’un million d’euros l’étage…

Tour Jin Mao intérieur

Livre FNAC

amazon.fr

Lire la suite de Chine-Shanghaï

Chine-A la grandeur de la France éternelle !

Un Français si tranquille

    [...] Ce soir (comme tous les soirs) nous sortons dans Shanghaï la nocturne. Francis, le colocataire d’Annick, la trentaine, est grand, mince, avec de grands yeux bleus à l’attention aigue, et affiche le parler et l’élégance innée du parfait parisien. Sous ses faux airs d’homme averti, il ne se prend pas au sérieux.
— A la grandeur de la France éternelle ! S’exclame t’il.
Au cœur du Bund, sur la rive gauche du Huangpu, dans la boite au décor chinois bon chic-bon genre, nous levons nos verres et buvons d’un trait notre énième B 52, un cocktail flambé composé de liqueur d’orange, de café et crème de whisky. Certains en inhalent les vapeurs avant de le boire à la paille, incendiaire !
     Le comptoir ovale du Bar Rouge enferme dans son arène une dizaine de serveurs qui abreuvent sans relâche les nombreux consommateurs chinois et de bizarres expatriés aux yeux cernés de rouge.
     Pas de débordement, l’ambiance est sage, presque studieuse, il semble de bon ton d’afficher un air blasé même si l’on s’amuse. Je sors sur le balcon du luxueux édifice construit à l’âge d’or de la période coloniale. Surplombant le Bund, j’ai une vue imprenable sur les illuminations du Pudong qui se reflètent dans l’eau noire de la rivière.
Cette fascinante vision de troisième millénaire me laisse rêveur. Francis vient me chercher : « Mais que fait donc notre motard au long court ? Allez viens, on s’ennuie ici. Allons ailleurs ! ».
     Je détache avec difficulté mon regard des lumières éblouissantes du Pudong. Annick avait raison, voir Shanghaï valait vraiment la peine !


Pudong

Lire la suite de Chine-A la grandeur de la France éternelle !