Chine-Le monastère de Labrang

 [...] Le lama doit refermer le temple, j'apprends qu'il ne l'a ouvert que pour moi. C'est une situation étrange, comme l'évidence d'un passage attendu. Mon regard prudent reste interrogateur, le sien est paisible, un sourire se dessine sous sa mine faussement austère. Nous nous quittons d’une simple et franche poignée de main.

Xiahe la Tibetaine
 

    Ma dyslexie chronique me fait prendre le chemin de procession  à l’envers, Il est traditionnel de cheminer dans le sens des aiguilles d’une montre, exception faite des Böns – adeptes d’une religion parallèle au bouddhisme constituée de pratiques animistes et chamaniques – mais je doute de passer pour l’un d’eux. Je manque aussi de faire tourner les moulins à prières dans le mauvais sens. Les pèlerins et les moines me sourient, compatissants, et avancent en cortège, sans hâte ni contrariété.

  De cercles en giratoires, je suis maintenant aux pieds du grand stupa. Je suis fasciné par ce pèlerin au costume bigarré allongé de tout son long sur le ventre. Il se redresse, fait trois pas, porte ses mains jointes (protégées par des planchettes de bois) à son front, se prosterne, s'étend à nouveau, encore et encore... Il va sillonner ainsi avec dévotion un chemin de ferveur bouddhique pour parvenir à un lieu saint, peut être après des années et des centaines de kilomètres. Une route difficile. [...]

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